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Tableaux anciens et modernes

date de la vente
Samedi 21 juin 2008 à 14h00
lieu de vente
Leclere - Maison de ventes
EMail :
contact@leclere-mdv.com
tel :
04 91 50 00 00

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INFORMATIONS SUR LA VENTE
Jeudi 19 juin de 10h à 20 het vendredi 20 juin de 10h à 20h.
CONDITIONS DE VENTE
Contacter la maison de ventes

Lotn 13
Estimation :
300 000 - 400 000 €
Résultat : 260000 €
Pierre PUGET (Marseille 1620-1694).
La Sainte Famille au palmier.
Toile.
217 x 148 cm.
Restaurations.
Très beau cadre en bois sculpté et doré d'époque XVIIème siècle.
Porte au revers du châssis une étiquette N°165 - Pierre PUGET / Sainte Famille au palmier / PUY STE REPARADE / Collection particulière. Porte au revers du châssis une étiquette manuscrite de G. CHAUFFREY & MULLER / Restaurateurs des Musées de France et des Monuments Historiques / 17, quai des Grands Augustins, 17, Paris (6e) / Paris, le 17 février 1952 / Je certifie M.R. Müller, restaurateur des Musées de France et des Beaux-Arts que le tableau suivant : Vierge à l'Enfant avec Saint Joseph sur fond de marine 2m20 x 1m50 a été transposé par mes soins et la toile originale supprimée pour la conservation du tableau. MR Müller.
Provenance :
Collection Jean-Baptiste Laurent Boyer de Fonscolombe, Aix-en-Provence, 1750.
Vente M. Boyer de Fonscolombe, Paris, Maître Lebrun, 18 janvier 1790, n°73.
Collection Boyer de Fonscolombe, Aix-en-Provence, 1823.
Collection Auguste Adolphe de Saporta, époux depuis 1821 d'Irène, fille d'Etienne-Hippolyte Boyer de Fonscolombe, Aix-en-Provence, 1853.
Toujours resté dans la famille.
Expositions :
Exposition des Beaux-Arts, Concours régional de 1861, Marseille, 1861, n° 793.
Pierre Puget, Aix-en-Provence, Musée Granet, 1972.
La peinture en Provence au XVIIème siècle, Marseille, Musée des Beaux-Arts, 1978, n° 165, reproduit.
Pierre Puget, peintre, sculpteur, architecte 1620-1694, Marseille, Musée des Beaux-Arts, 1994, n°12, reproduit en couleur.
Bibliographie :
J. Bougerel père, Mémoires pour servir l'histoire de plusieurs hommes illustres de Provence, Paris, 1752, p.11 .
Catalogue d'une collection de tableaux célèbres d'Italie, Flandre, Hollande et France, dessins, estampes, etc, et autres objets curieux formant le cabinet de M. Boyer de Fonscolombe, d'Aix-en-Provence. Paris, Lebrun, 18 janvier 1790, n° 73.
T-B. Emeric-David, Puget Pierre, Biographie universelle ancienne et moderne (L. G. Michaud), 1823, rééd. 1843, vol. XXXVI, p. 511.
P. Chennevières-Pointel, Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux de l'ancienne France, Paris, 1847, p. 110.
L. Lagrange, Pierre Puget, peintre, sculpteur, architecte, décorateur de vaisseaux, Paris, 1868, rééd. Marseille, 1993, p. 34 et 365.
P. Auquier, Pierre Puget, Paris, 1903, rééd. 1928, p. 23.
P. Auquier, Pierre Puget, décorateur naval et mariniste, Paris, 1907, p. 292.
L. Colliard Ripert, Les amateurs et les collections de peinture d'Aix-en-Provence. XVII et XVIIIème siècles, Paris, 1948, chap. VII.
W. Trachsler, Pierre Puget, Zurich, 1960, p. 175.
K. Herding, Puget als Maler, Kindlers Malerei-Lexikon, Munich, 1967, vol IV, p. 823.
A. Malbos, Hommage à Rembrandt, Aix-en-Provence, 1969, p. 7.
M-C. Gloton, Puget et la peinture, Provence historique, t. XXII, fasc. 88, 1972, p. 122.
M-C. Gloton, Pierre et François Puget, peintres baroques, Aix-en-Provence, 1985, p 94-96, n°12, reproduit en couleur.
K. Herding, Pierre et François Puget, peintres baroques, Burlington Magazine, 1987, p. 600.
L. Magnani, Puget et Gênes, dans Puget, Connaissance des Arts, Hors série, Paris, 1994, p. 29.
Pierre Puget peint avec La Sainte Famille au palmier une oeuvre unique, au langage simple, sensible et direct. Moment privilégié du récit de la Fuite en Egypte, la représentation de cette halte rompt avec l'iconographie traditionnelle.
Puget reprend les textes bibliques qu'il illustre avec l'aide des évangiles apocryphes plus détaillés : « Or, il advint que le troisième jour de leur déplacement, Marie se trouva fatiguée par l'ardeur du soleil dans le désert. Apercevant un palmier, elle dit à Joseph : Je me reposerai un peu sous son ombre. Joseph s'empressa de la conduire auprès du palmier et la fi t descendre de l'ânesse » (Pseudo Matthieu, chapitre XX).
Sans artifices, ni anges pour célébrer la Sainte Famille, Puget se concentre sur son message. Seul Joseph adopte, par son attitude, la tête appuyée contre sa main, l'atmosphère bucolique de nombreux Repos, mais, distrait de sa lecture, il contemple la majesté céleste de la Mère du Christ.
La nature divine de Jésus s'affirme avec grâce et puissance.
Marie, s'adressant au spectateur, le regard très intériorisé, accepte pleinement le sacrifice futur de son enfant et le soutient dans sa mission comme elle soutient son jeune bras tendu vers les Cieux. Sans emblème particulier de pouvoir, tout en douceur, la composition reprend en l'inversant l'attitude du Sauveur du Monde, peint en 1655 et la gestuelle « en 8 » comme symbole de l'Infini, de l'Eternité.
Cet écho pictural et cette solennité transforment Marie en Vierge de Majesté. Toutefois, elle esquisse encore, dans un élan de nature maternelle, un geste protecteur devant les pas incertains du Messie.
L'harmonie des couleurs, le détail des visages, l'attitude de la Vierge ou les vaisseaux du fond résument la composition du tableau et annoncent le destin de l'Enfant, tout comme ils évoquent une partie de la vie de Puget.
Mandaté, en tant que sculpteur à Gênes en 1661, par le surintendant Fouquet, Puget doit trouver les marbres destinés aux grandes sculptures de Vaux-le-Vicomte mais la disgrâce du ministre le contraint à rester en Italie. Il découvre, alors, dans la peinture génoise, les élans novateurs et romantiques de peintres comme Valerio Castello ou Domenico Piola et une emphase baroque très proche de sa pratique de sculpteur. Incontestablement marqué par cette influence, Puget réalise probablement La Sainte Famille au palmier dans les années 1662, comme le propose Lagrange.
Vers 1663, Puget se rend à Toulon pour emmener sa femme et son fils et s'installe à Gênes. Certains auteurs reconnaissent ainsi dans les traits de Joseph, Marie et Jésus, ceux de Puget, sa femme et son fils François, pourtant âgé de plus de douze ans. De même, ayant débuté comme décorateur pour le compte du constructeur naval Nicolas Levray à Toulon, il rappelle ici ce passé en intégrant, dans le contexte plutôt inhabituel d'une fuite, de lourds navires s'éloignant dans la brume.
Enfin, expression à la fois du sculpteur et du peintre, La Sainte Famille au palmier est une rencontre manifeste des deux techniques. Le traité vibrant des drapés avec ses plis tracés, étonnamment graphiques, ou la stature monumentale de la Vierge en sont deux exemples évidents. Ainsi, vers 1681, lorsque revenu en Provence, Puget exécute, pour une commande privée génoise, le marbre de la Vierge à l'Enfant, il reprend avec les mêmes ampleurs et virtuosités, les expressions et les caractéristiques de La Sainte Famille au palmier.
OEuvre vivante et originale dans le parcours de Pierre Puget, à mi-chemin entre classicisme et baroque, La Sainte Famille au palmier est une démonstration parfaite du génie de l'artiste révélé, dans une période de transition qui est aussi la période du plein épanouissement de ses talents de sculpteur. Puget, à Gênes, a fi ni de se former. Son style s'est affirmé.
Découvert dans une chapelle aux environs d'Aix-en-Provence (cf. Auquier), le tableau de La Sainte Famille au palmier aurait été acheté vers 1750 par Jean-Baptiste Laurent Boyer de Fonscolombe (1716-vers 1788), avocat et mécène distingué en Provence. Il est en effet, signalé par Bougerel, en 1752, comme conservé dans la «maison de campagne de M. Boyer de Fonscolombe». Cependant, la légende familiale rapporte que la découverte de ce tableau se fi t dans le grenier d'un drapier génois, par son frère, Joseph Roch (1722-1799), qui avait été nommé en 1762 «Envoyé extraordinaire du Roi» à Gênes.
En 1757, Jean-Baptiste devient membre Amateur de l'Académie de peinture de Marseille et avec l'aide de son frère, il enrichit sa collection d'objets, de livres, d'estampes et de tableaux dont il orne son château et l'hôtel aixois, où il réside, dans l'actuelle rue Gaston de Saporta.
Une partie de cet ensemble d'oeuvres d'art sera vendue par son fils, Emmanuel Honoré Hippolyte, en 1790. Dans un catalogue de cette vente, une annotation manuscrite semble indiquer un prix d'acquisition pour le tableau de Pierre Puget, présenté sous le numéro 73, or il n'a jamais quitté les murs des demeures familiales.

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date de la vente
Samedi 21 juin 2008 à 14h00
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