drouot
estimer
newsletter
 
 
 

CONFERENCE PARIS
Paris - DROUOT salle 12
jeudi 19 janvier à 18h

« ROB MALLET-STEVENS ITINERAIRES :
PARIS - BRUXELLES - HYERES »
par 
Stéphane Boudin-Lestienne, historien et commissaire d'exposition, villa Noailles 
Alexandre Mare, critique et commissaire d'exposition, Villa Noailles

Présentation et signature du livre édité grace au mécénat de LECLERE  - Maison de ventes

Il y a plus de 35 ans les Archives d’Architecture Moderne de Bruxelles publiait le premier livre consacré à Robert Mallet-Stevens. Il s’agissait alors d’une véritable résurrection, le public pouvait enfin prendre connaissance des données et documents essentiels pour juger d’une oeuvre qui a depuis regagnée sa place dans l’historiographie du XXe siècle. A l’occasion de l’exposition qui s’est tenue à la villa Noailles à l’été 2016 et qui se poursuit à Bruxelles cet hiver, les Archives d’Architecture Moderne se sont associées au centre d’art hyérois pour reprendre les recherches et mettre à jour une nouvelle salve de documents inédits.
Dans ce nouvel opus, un essai de Maurice Culot revisite les premiers textes de Robert Mallet-Stevens publiés principalement dans des revues bruxelloises quand il rendait visite à ses oncle et tante au palais Stoclet entre 1907 et 1914. Engagé dans les débats critiques en Belgique comme en France, Robert Mallet-Stevens traite de sujets qui deviendront récurrents dans l’oeuvre et la pensée de l’architecte : les décors de cinéma, le japon, la fourrure et les animaux dans l’architecture... Ces allers-retours continuels entre les deux pays font pleinement partie de l’identité du jeune architecte, point de départ d’une réflexion théorique qui vient nourrir une pratique architecturale très personnelle.
Durant l’Entre-deux-guerres, Robert Mallet-Stevens s’attache à développer la vie architecturale et artistique française qui reste alors d’un terrible conservatisme. Très vite il prend de nombreuses res- ponsabilités au sein de différents groupements et associations. Si l’UAM est attachée à son nom et reste comme le sommet de son action militante, ce n’est ni la première, ni la seule vitrine d’un engagement qui apparaît indissociable de son oeuvre. Réunissant un certain nombre de documents épistolaires, journalistiques, photographiques, inédits ou rares, une partie de cette activité fait l’objet d’une chronique fragmentaire.
La villa Noailles, véritable commencement de la carrière constructive de l’architecte, constitue aussi un pallier important. Ce bâ- timent fait figure de laboratoire pour appliquer les théories ou les essais formelles qui n’avaient jusque là qu’une existence ciné- matographique. De simple fiction, l’architecture de Robert Mal- let-Stevens devient réalité. Cet ouvrage est l’occasion de faire une analyse complète de l’ensemble de la correspondance avec Charles de Noailles (30 lettres) qui n’a jamais été publiée intégralement.
Le cinéma est le miroir de l’architecture, l’architecture moderne est une fiction affirme Alexandre Mare dans son essai. Mallet-Stevens se sert de son activité de décorateur de cinéma non seulement pour tester de nouvelles configurations mais pour comprendre un nouveau rapport à la troisième dimension. L’ouvrage se clôt avec une série de réflexions de Stéphane Boudin-Lestienne sur le mobilier de l’architecte, une invitation à regarder dans le détail un processus de création. Cet ensemble offre l’occasion de repréciser un par-cours qui, du nord au sud, entre le graphique et le cinématographique, envisage le rôle de l’architecte comme le chef d’orchestre d’un projet global : la vie moderne.
 

> Toutes les actualités